<< Aujourd'hui c'était Eux et moi sur l'autoroute, je divaguais encore et toujours comme chaque fois que je ne conduit pas, le regard perdu, perdu jusqu'à ce qu'il trouve un repère, qu'il s'accroche à quelque chose.
La plaque d'immatriculation de la voiture qui nous double.
Je ne faisais pas vraiment attention,ni a ce que je pressent, ni a ce qu'il y a autour. J'ai levé les yeux vers la dite voiture. C'était une Audi. Une marque abonner à mes yeux en ce moment ...
Celle là, c'était une R8 ... une R8 ... comme la tienne, la même ... inutile de préciser que même sans espoir que ce sois toi, j'ai baissé les yeux une deuxième fois vers la plaque.
Allemande ... Ta plaque ... Non ... Je ne la connaissais pas par c½ur après tout ... Et Toi ici c'était -juste- impossible ... Non ... Et puis ... Mon C½ur s'accélère ... Et si peut être ...
« Papa, papa, est ce que tu peux doubler la voiture devant s'il te plait?
- Pourquoi? »
//Pourquoi ? Je sais pas papa. Papa, papa mon c½ur me dis que c'est Lui dans cette voiture. Papa, papa c'est pourtant Improbable. Papa mon c½ur s'emballe, Papa ça fait tellement longtemps que je veux revoir son visage, Papa j'ai besoin de Lui ... Papa je crois qu'il va pas bien, Papa je meurs de le voir, mais je crois que ce n'est pas une bonne idée, Papa je ne veux pas le mettre à bout, Papa j'étouffe d'attendre mais je respire de Lui, Papa, promis, pour Lui je resterai sage, Papa je veux être là pour Lui, Papa j'ai BESOIN de Lui, Papa je l' ... //
« Papa s'il te plait, il faut vraiment que je vérifie un truc, s'il te plait ...
- Je roule déjà trop vite!
(soupire) Papa, s'il te plait papa c'est ... important ... - vitale - »
Il déboite ...
Je tourne mon regard, le ventre crispait dans l'attente de la déception imminente ... Mon regard accroche une silhouette, ta silhouette. Celle-là même qui se dessine derrière la vitre. Aucun doute possible, aucun doute envisageable.
C'est Toi.
Pourquoi ici, pourquoi maintenant ... Je m'en fou, je m'en fou. Là, Tout de suite, Maintenant, Une Seule chose compte, Tu es Là ... Devant Moi ...
Il n'y aura, ni regard, ni parole, Mais Tu es Là ...
Ça fait mal de se dire ça, car avec toi ça n'est jamais assez. J'en suis même déjà à réfléchir à un quelconque moyen de te stopper, pour pouvoir te parler, pour avoir ton regard sur moi...
J'y ai pensé j'admets. J'y ai pensé à Hurler si fort à mon père de freiner, il aurai été si surpris par mon crie qu'il l'aurai fait, sans réfléchir. Et toi, toi tu n'aurais pas le temps de réagir, que tu emboutirais notre voiture. Mais, être la cause de l'accident te concernant me répugne. Mais j'y ai pensé. Un peu trop fort peut être ...
Je te regarde, retournée, la tête dans les coudes, derrière nous au travers de la vitre fumer. Je ne vois que ton visage, ton visage blaser de rouler à 110, ta tête contre ta main, ton coude sur le rebord de la portière. Puis, ton visage se crispe, tes deux mains s'accroche au volant, ton expression et totalement éveiller, je n'arrive pas a définir si c'est de la stupéfaction de la concentration ou de la peur, tu freine, on me tire vers l'avant, tu freine fort, on me force a me retourner, la voiture pile, s'arrête, ma bouche est fermée, on nous heurte, je me retourne. Tu a freiné ... mais pas assez ... ton regard se lève, comme à la rencontre du mien, pourtant je sais que tu ne le vois pas. Ton pare-chocs vient d'embrasser l'arrière de notre voiture ...
Tu rejette ta tête en arrière, comme complètement épuisé ...
À moi d'avoir peur ...
ça va pour Toi?
Je cogite à 300 à l'heure, tu est en France, tu ne parle pas bien le français, tu dois te demander sur qui tu vas tomber, si quelqu'un va te reconnaître ... et puis surtout ... comme si tu avais besoin de ça en ce moment ...
« Papa? Pourquoi t'as freiné? »- C'est de ma faute? Je suis pourtant sûre de n'avoir rien dis -
La réponse je ne l'écoute qu'a moitié, je n'en retiens juste que ce n'est pas ma faute ...
« Papa, je crois que tu vas avoir besoin de moi pour le constat.
Papa le gars derrière, c'est un ... allemand. »
Je suis un peu perdu, je sais même pas si je devrais faire ce que je fais, si c'est correcte ... je jette un regard à mon frère, perdu ... il sait, il l'a reconnu ... il me sourit, m'encourage ...
J'ouvre ma portière, je descends, rejoins mon père au dehors, examine les dégâts ... c'est relativement infime, mais assez pour marquer ...
Il sort ... Enfin ... De toute sa hauteur, ses vêtements ondulant selon le mouvement de son corps, Cette démarche propre à Lui ...
J'ai peur ... Peur de sa réaction ... Peur de lui faire peur ... Il semble prendre sur lui; Il nous regarde, doit juger pour sa sécurité je suppose ...
« Bonjour. commence mon père.
-Bonjour. il enlève ses lunettes, nous regarde tour à tour, je soutient celui qu'il me porte, ma peau frémissant, mais le regard neutre, lutant ... il observe les voitures, grimace et déclare hésitant, je suis d'Allemagne, c'est peut être difficile ...
- je ne sais pas comment ça se passe, mais il faut peut être remplir les constats dans les deux langues ... »
Il n'a pas l'air de saisir, fronce les sourcils ...
Mon père se tourne vers moi ...
Je réfléchis à traduire au mieux, dans le vocabulaire que je connais ce que viens de dire mon père. Ni plus, ni moins.
J'ouvre à peine la bouche pour commencer ma phrase en allemand que son visage se ferme, son regard s'emplit de méfiance et ses traits se crispe.
Éc½uré ... je suis éc½uré qu'il en soit là ... aussi méfiant ...
Je reste neutre, après tout ce n'est en aucun cas sa faute ...
Je continue ma phrase, qui j'espère est compréhensive sans, je le sais bien être parfaite ... Il se concentre sur se que je dis, je me détends peu à peu l'observant malgré tout, tentant au mieux de le mettre à l'aise avec mon attitude relativement posé, je ne laisse paraître aucun signe qui pourrai démontrer que je sais qui il est ...
Je ne peux cependant m'empêcher de bloquer sur la feuille qu'il me tend lorsque en haut à gauche, de Son écriture, il y est écrit « Mr Kaulitz Toma ». Il le voit, je le sens, il guettais même surement ma réaction ...
J'inspire doucement, aussi discrètement que possible puis tend la feuille à mon père et lui explique ce qu'il doit remplir et où.
Apparemment notre pseudo échange silencieux à échapper à mon père, j'ai pourtant la sensation d'avoir bloquer une éternité ...
Il sait que je sais. Je sais qu'il sait que je sais.
Je fais l'interprète au mieux, dans la mesure de mes moyens ... J'aide l'un et l'autre avec les constats dans les deux langues ... Ils se mettent d'accords assez rapidement. L'affaire faite, chacun repars de son côté, mon père déjà dans la voiture, lui la portière ouverte, moi la main sur la poignée ...
//Ally, ... tu fais quoi Ally? ... Ally le laisse pas partir comme ça ... Je veux pas tout gâcher en parlant maintenant ... comme une fan ... Ally, ... Ally parle lui comme à Lui ...//
« Tom ... »
Son prénom résonne encore dans mes oreilles, d'une voix rauque, réalisant a peine que je viens de m'adresser a lui de façon maintenant personnelle ...
Je vois ses épaules s'affaisser, comme si, vaincu, fatigué d'entendre son nom et certains qu'il n'aller pas s'en rechaper sans devoir quelque chose ... Encore une fois ...
Ce que je ne voulais pas ...
J'ai déjà ce goût amère de l'avoir prononcer, regrette ...
Il se retourne pourtant, ses yeux toujours nu, dépourvu de ses lunettes de soleil ... Ses yeux noisettes de nouveaux méfiant à souhait ...
Je ne sais quel expression il déchiffra sur mon visage, pourtant il l'observa longtemps, sourcil froncer, cherchant surement ce qui l'attendait ...
« WAS? »
Sec et lasse.
Ce fut le seul mot qui traversa ses lèvres.
J'inspire ...
« Bonne chance pour les stalkers, j'espère de tout c½ur que ça s'arrangera pour toi ... pour vous. Je lève ma main et lui montre mes doigts croisés, avec un sourire timide, crispé.
- Danke. »
Un sourire sincère se dessine sur ses lèvres, accrochant mon regard, le laissant s'égarer sur sa bouche étirée, échangeant un dernier sourire, un dernier regard, je m'arrache à ses yeux, monte dans la voiture referme ma portière, la voiture démarre, je me refuse un regard en arrière ... >>
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Bien à Vous,
Ally.